15 octobre 2026

La belle aventure de la librairie L’Odyssée, qui fête ses 40 ans !

Entretien avec Marie Wacheul-Favereau, co-gérante de la librairie L’Odyssée à Vallet, commune du vignoble nantais.

Marie, peux-tu nous rappeler la date exacte de l’ouverture de la librairie ?

La librairie a ouvert ses portes le 29 novembre 1986. Créée par Anne Verger, elle s’est d’abord installée rue des Forges, de 1986 à 1992. En 1992, elle a déménagé une première fois, rue François Luneau, et Catherine Gaborit est arrivée comme libraire en 1996. Elles sont restées longtemps toutes les deux.

Moi, je suis arrivée en 2011, suivie d’Audrey Scopel qui a commencé son apprentissage en 2015. En 2015, suite au décès du mari de la créatrice de la librairie, les libraires salariées ont commencé à détenir des parts de la librairie. Et puis, au départ en retraite de Catherine, Amandine nous a rejoints en 2021, en tant que salariée puis en tant qu’associée.

Nous sommes aujourd’hui trois associées co-gérantes — Amandine, Audrey et moi-même — depuis 2022, et Léonie, notre salariée, nous a rejoints il y a un an.

La librairie a-t-elle toujours été généraliste, ou est-ce que l’offre a évolué avec vous ?

L’Odyssée a toujours été une librairie généraliste. Toujours beaucoup de littérature et d’essais, et pas mal de jeunesse. Il n’y avait quasiment pas de BD, un rayon que j’ai développé à mon arrivée en 2011. Aujourd’hui, notre chiffre d’affaires se répartit comme ça : 44% en littérature, essais, pratique, domaine adulte, 29% en BD et 20% en jeunesse et 7% en papeterie.

Longtemps en face de la Poste, dans une rue du bourg de Vallet, un peu plus excentrée, vous avez rejoint le cœur du centre-ville en mai 2024. Comment ça s’est passé ?

Le local précédent était situé dans une rue du bourg à sens unique, en montée, sans aucun commerce entre nous et la place principale de la ville. Le local se trouvait juste devant un feu, sans possibilité de se garer. Notre projet commun était de déménager au cœur de la ville : on a attendu la bonne opportunité.

Qu’est-ce que ce déménagement a changé pour vous ?

Déjà, au niveau de la dynamique d’équipe : on était hyper heureuses de partager ça ensemble, car lorsqu’on s’est associé toutes les trois, on savait qu’on allait travailler ensemble pendant longtemps. Le déménagement nous a permis de créer notre Odyssée, finalement.

Notre nouveau magasin nous a aussi apporté une visibilité incroyable. On a eu énormément de retours de gens qui nous disaient : « Oh, enfin une librairie à Vallet, ça manquait ! » alors que la librairie existait depuis 38 ans !

Et pour vos clients, qu’est-ce que ça a changé ?

Notre librairie est aujourd’hui située sur la place principale de la ville, c’est plus facile pour les clients de se garer pour venir nous voir, ils viennent plus souvent. Ils en profitent aussi pour faire des courses chez les nombreux commerçants autour de nous. Comme la librairie est plus grande aujourd’hui, l’offre est plus large et plus diversifiée, avec des espaces plus aérés. On a pu aussi développer un beau rayon papeterie et une offre de loisirs créatifs.

Si tu devais définir votre librairie en trois mots, lesquels ?

Une librairie ouverte à toutes et à tous !

 On ne juge pas les lectures des gens. On a vraiment envie que les gens qui allaient acheter leurs livres en supermarché poussent la porte de notre librairie en se disant que ce lieu est aussi fait pour eux.

À quoi reconnais-tu que les lecteur.ices  sont fidèles ? Et quel est le compliment qui vous a le plus touchées ?

Ils reviennent, reconnaissent notre professionnalisme et aiment nos conseils. Ça fait plaisir lorsqu’on entend : « On trouve toujours ce qu’on veut chez vous, vous êtes de super bon conseil. »

Tu vas rire, mais les meilleurs ambassadeurs de notre librairie, ce sont les enfants, les petits Valletais : ils font énormément de pub pour la librairie auprès de leurs copains et de leurs familles.

Comment la librairie s’inscrit-elle dans la vie locale ?

On travaille avec de nombreuses collectivités pour leur fournir les livres qui seront ensuite empruntés en médiathèques.

Nous faisons aussi beaucoup de projets en lien avec les écoles, les bibliothèques, notamment en co-organisant la venue d’auteur.ices d’illustateur.ices dans les classes. Faire des projets communs, c’est aussi réduire les coûts pour les structures.

Nous sommes aussi partenaires de la salle de spectacle le Champilambart, lorsqu’ils accueillent un artiste qui souhaite faire une dédicace de livres à la fin du spectacle.

Quel est ton plus beau souvenir ?

Mon meilleur souvenir, c’est ma rencontre avec PEF : rencontrer l’auteur dont tu étais fan quand tu étais petite, c’était très émouvant.

Sinon mon meilleur souvenir dans ce nouveau local, c’est le jour de l’ouverture, la première fois qu’on a ouvert le rideau de fer : on était tout excitées. C’était le début de l’aventure de la nouvelle Odyssée.

Ce qu’on remarque tout de suite en rentrant dans votre boutique, c’est votre complicité. Tu peux nous en dire plus ?

On est un trio qui fonctionne bien. À trois, c’est génial parce qu’on est obligées de discuter et de se mettre d’accord. Toutes les décisions importantes sont prises avec trois regards différents, trois personnalités différentes. On a beaucoup plus d’idées ensemble.

Et les spécialités de chacune ?

Léonie s’occupe de la caisse, de la réception, des conseils aux clients et des collectivités.

Audrey s’occupe de la jeunesse et de la comptabilité, et ses rayons de cœur sont la Science-Fiction, la Fantasy, et un rayon qu’on appelle « Jeunes adultes ». Audrey, c’est madame Organisation, sans elle je serai perdue.

Amandine est responsable du rayon adulte : littérature, pratique, essais, beaux livres et papeterie. Elle adore les chiffres et s’occupe du social. Elle adore la littérature et les tout petits chiens.

Moi, je suis responsable des gros dossiers : demandes de subvention, d’aides, et maîtrise d’œuvre pour la partie travaux. Je m’occupe des rayons BD et mangas adulte et jeunesse, j’aime particulièrement le label 119 chez Rue de Sèvres, le label qui publie Mathieu Bablet, Neyef, etc…

Moi, je suis un peu la blagueuse de la bande, et beaucoup de gens m’identifient à l’extérieur de la librairie.

Si on devait résumer : l’Odyssée, c’est avant tout une histoire de transmission ?

Oui, j’aime bien. C’est vrai que c’est une histoire de transmission : ça a toujours été une transmission, elle s’est faite petit à petit, une continuité mais avec des évolutions car chaque libraire a apporté sa touche.

Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour la suite ?

De continuer encore pendant 40 ans et de fêter les 80 ans de l’Odyssée en 2066 !

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